L’exposition permanente

Le rez-de-chaussée du Musée romain de Vallon accueille à nouveau son exposition permanente, absente pendant deux ans, avec un parcours illustré par une douzaine de vitrines. En plus des deux mosaïques qui sont la raison d’être du Musée, de la restitution d’une arcade grandeur nature du portique peint et de la maquette de cette vaste et belle demeure de campagne (1:50e), le visiteur pourra voir (ou revoir) un choix d’objets issus des fouilles du site et regroupés par thèmes.
La présentation de l’architecture des lieux, illustrée par la maquette, est complétée par des éléments en terre cuite de la toiture (tegulae et imbrex, tuiles plates à rebord et couvre-joint) et du chauffage à air chaud (tubuli, briques creuses). Deux vitrines exemplifient les finitions de la maison, ornée de dallages et de placages en marbres importés, de mosaïques et de peintures murales, pourvue de fenêtres avec vitres et sécurisée par des grillages et des portes que l’on pouvait fermer à clef. Une troisième vitrine expose les quelques outils des bâtisseurs de l’époque : truelle, fil à plomb, compas, ciseau droit.
A côté, se déclinent les plaisirs de la table, en commençant par les réserves stockées au garde-manger (amphores à huile et à vin, jarre). On passe ensuite à la cuisine, où tout se mijote (batterie de casseroles, plats à four, bols et écuelles, faisselle, couteau, coutelas et louche). De là, le visiteur est convié à un banquet où il y aura à boire (carafes, gobelets et passoire pour le service du vin) et à manger (plats, coupes et coupelles, ainsi que des coquillages de terre et de mer).

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Face à la salle dans laquelle les divinités ont été découvertes, une vitrine fait office de moderne chapelle domestique et montre les dieux du foyer qui veillaient sur la maison et ses habitants. Malgré les atteintes que leur a infligées le feu ravageur d’un ancien incendie, ils s’affichent bienveillants aux regards du public. Parmi les objets de valeur, une vitrine réunit les quelques bijoux et parures livrés par les fouilles : chaînette en or et petites perles, bagues, fibules.
Un choix de lampes en céramique, en bronze et en fer nous éclaire sur le luminaire d’époque romaine, alors qu’une poignée de jetons de jeu et de billes en différents matériaux donne un aperçu des passe-temps ludiques de l’époque.
Les habitants de cette demeure sont évoqués par des chaînes qui en disent long sur la condition d’une partie de la population, les esclaves.

Enfin, à l’extérieur de la maison, les jardins se profilent avec leurs aménagements typiques de meubles, bassins et fontaines en pierre.
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Crise oblige, l’exposition fait un petit clin d’œil au coût de la vie en affichant le prix de quatre objets. Nous savons qu’au IIe siècle, une lampe en terre cuite valait un as et un demi-litre de vin quatre as, alors qu’il fallait compter 2’000 à 4’000 sesterces (8’000 à 16’000 as) pour un esclave adulte ; au IIIe siècle, un mortier en céramique coûtait deux sesterces (huit as) et au début du IVe siècle, les huîtres, que l’on consommait déjà à Vallon, étaient cinq fois plus chères que les escargots